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Nos propositions

Prévention

Au niveau national, l’effort de prévention dentaire se concentre sur le programme M’T Dents. Il consiste en une visite de dépistage prise en charge à 100 % par la sécurité sociale, chez les enfants de 6, 9, 12, 15 et 18 ans, chez les femmes enceintes et prochainement chez les adultes de 21 et 24 ans.

Mais, le taux de participation à ces consultations n’est que de 35 %

Une visite tous les ans, dès l’âge de 3 ans, est le rythme à adopter à minima pour assurer une détection précoce des caries et des problèmes de gencives et ainsi éviter de manière efficace le recours à des soins invasifs. Ces consultations sont essentielles afin de mettre en place des conseils de prévention en matière d’alimentation et de brossage des dents.
L’absence de prise en charge précoce des pathologies dentaires a bien évidemment des répercussions importantes sur l’état de santé orale, mais aussi sur la santé générale. Les nombreuses recherches effectuées ces 20 dernières années ont montré les larges implications d’une mauvaise santé dentaire sur l’ensemble de la santé générale : diabète, maladie cardio-vasculaires, accident vasculaire cérébral, obésité, endocardite, cancers, maladie d’Alzheimer, polyarthrite rhumatoïde… sont autant de pathologies qui ont des relations étroites avec des pathologies dentaires. Par exemple, un détartrage une fois par an permet de diminuer de 24% le risque d’accident cardio-vasculaire et de 13% celui d’AVC.
Avoir des caries ou perdre ses dents n’est pas une fatalité. Les pays scandinaves et l’Allemagne l’ont montré : mettre en place une prévention efficace a permis à ces pays, dont l’état dentaire était plus dégradé que le nôtre, d’obtenir les meilleurs résultats en matière de santé dentaire au monde.

Notre proposition :
Mettre en place une consultation de prévention dentaire annuelle et incitative en s’inspirant du modèle Allemand : quand le patient réalise une visite de suivi ou un acte de soins conservateurs, une fois par an pendant 5 ans, il bénéficie d’un bonus de prise en charge de 20% (porté à 30 % au bout de 10 ans). Ce dispositif rencontre un réel succès outre-Rhin et plus de 50% des patients en bénéficient.

Une profession para-médicale dédiée à la prévention bucco-dentaire : l’assistant dentaire spécialisé en prévention.

Une profession paramédicale dédiée à la prévention dentaire

64% de la population a consulté au moins une fois un dentiste dans l’année. Si l’objectif est de voir en consultation chaque année l’ensemble de la population ayant plus de 3 ans, cela nécessiterait la création de 7500 postes à temps plein pour assurer le surplus de consultations, hors soins consécutifs. Pour pallier à ce besoin, la création d’une profession d’assistant dentaire spécialisé en prévention, à l’instar de la très grande majorité des pays qui nous entourent (23 pays sur les 28 de l’UE), pourrait permettre de remplir cet objectif de prévention. Ces professionnels de santé auraient pour tâches de réaliser les dépistages, de prodiguer des conseils en matière d’hygiène dentaire et d’alimentation, de réaliser des radiographies dentaires, ainsi que des détartrages et des actes techniques de prévention de la carie comme l’application de vernis fluorés et de sealents chez les enfants (actes permettant d’éviter les caries). Ils exerceraient sous la supervision des chirurgiens-dentistes afin d’assurer la sécurité et la continuité des soins. À terme, leurs compétences pourraient également être étendues au dépistage des pathologies dentaires en EHPAD, en milieu hospitalier ou scolaire par exemple.

Toute une série d’actes pourraient être réalisés par cette profession, permettant ainsi un accès aux soins dentaires au plus grand nombre.

Notre avis sur le reste à charge zéro

Emmanuel Macron a fait du reste à charge zéro (RAC 0) en matière de prothèse dentaire, optique et audioprothèse, une promesse forte de sa campagne électorale.
Le gouvernement a stipulé que le panier des actes de prothèse dentaire faisant partie du RAC 0 aura une taille restreinte. Agnès Buzyn a en effet précisé que le « reste à charge zéro » ne sera garanti que sur certains actes car « on n’est pas là pour offrir des montures Chanel à tout le monde ».
Les complémentaires santé de leur côté, inquiètes de la charge financière qu’elles vont devoir supporter, militent en faveur d’un panier contenant le moins d’actes possibles et à tarifs faibles.
Le coût des soins prothétiques dentaires est de 1,8 milliards d’euros par an, supporté pour l’essentiel par les patients et les complémentaires santé.

Niveau de remboursement dentaire, optique et auditif

 

La problématique majeure du RAC 0 reste l’évaluation de son coût. Aucune étude épidémiologique n’existe en France pour dire quel est l’état bucco-dentaire des Français. La mise en place du RAC 0 s’accompagnera d’une très forte poussée de la demande, comme cela a été le cas lors de la création de la CMU. Les complémentaires santé ont déjà annoncé des augmentations significatives du montant des cotisations pour couvrir la prise en charge du RAC 0. Au final, c’est bien le patient qui en assumera le coût.

La mise en place d’un RAC 0 sur les actes de prothèses dentaire s’accompagnera d’une explosion de la demande côté patient et incitera insidieusement les dentistes à réaliser d’avantage ces actes. L’autre risque est que les honoraires imposés aux dentistes pour ces actes sans reste à charge, mettent en danger l’équilibre économique des cabinets et les contraignent à se déconventionner. Les patients ne seraient alors plus remboursés par la sécurité sociale et par les complémentaires santé lorsqu’ils consulteront ces professionnels, aggravant de manière importante l’accès aux soins.
Ainsi, il nous semblerait bien plus profitable pour la santé des Français de suspendre cet objectif et de s’orienter vers un objectif 0 carie chez les 0-18 ans, basé sur un programme de prévention efficace, qui permettra d’éviter sur le long terme d’avoir à recourir à des soins prothétiques, comme cela a été fait avec succès dans les pays scandinaves.

Nos solutions sur la désertification

ASD et l’URPS Chirurgiens-Dentistes GRAND ESTont mandaté l’IFOP pour réaliser une étude auprès d’un échantillon de 601 professionnels libéraux de la santé dentaire (hors orthodontistes) représentatif de la profession. Cette enquête met en avant le fait que la majeure partie des chirurgiens-dentistes est contre l’idée de plafonds, notamment si ceux-ci ne font pas l’objet de contreparties.

De ce fait, si à la suite des négociations conventionnelles en cours, une convention proche du Règlement Arbitral (mis en place en mars 2017 et dont l’application a été reportée au 1er janvier 2019) est actée, le nombre de chirurgiens-dentistes conventionnés serait à court terme divisé par deux. Cela entrainera ainsi une forte accélération de la désertification médicale et de la diminution de l’accès aux soins dentaires pour les Français.

Des propositions doivent être faites. Elles peuvent intervenir à plusieurs niveaux :

  • Qualification de personnel paramédical qui travaillerait sous le contrôle des chirurgiens-dentistes pour réaliser les actes de prévention (visites de contrôle, détection des caries, conseils en matière d’hygiène orale et alimentaire, détartrages, radiographies). Cela permettra de libérer du temps au chirurgien-dentiste pour réaliser les actes plus techniques, à la manière des orthoptistes dans les cabinets d’ophtalmologie.
  • Favoriser le maintien et la création des cabinets dans les zones géographiques pauvres en professionnels de santé.
  • Favoriser l’installation des Centres de Soins associatifs à but non lucratif (loi 1901) dans les zones sous-dotées, en concertation avec les Agences Régionales de Santé (ARS) qui en ont le contrôle. En effet, ces centres ont été autorisés pour permettre un meilleur accès aux soins aux Français et seulement 1 à 2% de ces centres s’ouvrent dans les déserts médicaux.

Favoriser les actes dentaires modernes

Tout le monde a pu constater ces dernières années, la modernisation des soins dentaires et des plateaux techniques présents dans les cabinets. Les actes visent à préserver de plus en plus l’intégrité de l’organe dentaire, tout en rétablissant l’esthétique ou en l’améliorant. De même, une large place est faite aux soins préventifs. Néanmoins, ces actes ne sont ni pris en charge, ni favorisés par la sécurité sociale.
Pire, tous les soins courants (carie, détartrage, dévitalisation) qui représentent les ¾ de l’activité du chirurgien-dentiste, sont réalisés à perte. Pour exemple, un soin de carie simple (1 face) est tarifé 19,28 €. Cela ne valorise ni le temps passé, ni l’instrumentation nécessaire dans les conditions d’asepsie requise, puisque le coût moyen de revient de cet acte, hors rémunération du chirurgien-dentiste, est de 45,47 € (cf. Tableau 1). Tous les actes conservateurs, chirurgicaux ou de prophylaxie sont ainsi tarifés par la nomenclature, en dessous de leur coût moyen de revient. Cela est la conséquence d’un désengagement de la sécurité sociale du système de santé dentaire depuis 30 ans. Les tarifs des soins courants n’ont globalement pas été réévalués sur cette période et la tarification des actes conservateurs en France est aujourd’hui 2 à 3 fois plus faible que dans la moyenne des pays européens. Ainsi, rien n’est fait pour inciter les professionnels à réaliser ces soins ou même leurs permettre de le faire dans de bonnes conditions.

Tableau 1

Nomenclature de tarification des soins dentaires

Notre proposition :

Revaloriser de manière importante les tarifs des soins dentaires courants et prendre en charge les techniques modernes de préservation des dents, afin de rééquilibrer naturellement l’activité des dentistes vers ces actes.

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